2007-01-06

Enseignes françaises

Photo: Renaud Bouret Photos de Renaud Bouret et Rié Mochizuki - 2003-2007

Souvent, en déchiffrant les enseignes des rues de Kōbe, on se surprend à découvrir des mots familiers, parfois sous les traits de l'alphabet katakana. Eh oui, dans cette région, le français est synonyme de classe et de bon goût. On est loin des murs de Paris qui semble avoir honte d'être parisiens, avec leurs I Love les Bleus, leurs centers, leurs discount, leurs People et leurs collectors.

Photo: Rié Mochizuki

Là où Carrefour annonce, en Chine, sa French Bakery (il est vrai que le marketing est le plus vieux métier du monde), l'artisan japonais n'hésitera pas à afficher Boulangerie (voire Bourangerie).

Photo: Rié Mochizuki

Ici, le mot Gloire a été transcrit en alphabet syllabique katakana, sur la devanture d'une petite galerie d'art. Du premier coup d'œil, on reconnaît là un mot étranger. Lorsqu'on le prononce, gu-ro-ā-ru, ça ne peut être que du français. L'auriez-vous deviné?

Si vous voulez vous amuser à déchiffrer les pancartes, voici un tableau des alphabets katakana et hiragana.

2007-01-03

Piler le mochi

Photos prises le 30 décembre 2006

Ōsaka est une immense ville moderne, mais certains de ses quartiers ont conservé une ambiance de village. Dans certaines ruelles, on réunit encore les voisins, les collègues et les parents pour préparer le mochi en plein air, aux alentours du jour de l'an. Le mochi, qui sert à la confection de nombreux mets japonais, est une préparation à base de riz. Une fois cuit dans le four à bois, le riz glutineux est pétri dans un gros mortier.

Piler le mochi demande une certaine habileté et un cœur solide. Le bloc de riz cuit pèse plusieurs kilogrammes et le pilon a un bon mètre de long. L'essentiel du travail est fourni par les hommes, mais les enfants, garçons ou filles, sont conviés à participer. Les femmes s'occupent généralement de découper et de façonner la pâte obtenue. Pendant ce temps, on remet du riz à cuire, et l'opération peut se renouveler une douzaine de fois. Pour se réchauffer, au cours de cette journée d'hiver passée en plein air, certains ont recours au saké.

Le mochi peut être sucré ou parfumé aux… crevettes. Attention, il faut l'avaler avec prudence, c'est un véritable étouffe-chrétien.

2007-01-01

Prière du nouvel an au temple Jinja

Temple Jinja de Nishinomiya - Photo de Rié Mochizuki La foule va prier au temple Jinja de Nishinomiya pour la nouvelle année 2007.

Le premier janvier, de nombreux Japonais se rendent au temple Shintō pour prier. Ici, la foule se presse au temple de Nishinomiya, à Kōbe.

西宮神社
Nishinomiya Jinja
Littéralement : ouest-palais dieu-temple

Temple Jinja de Nishinomiya - Photo de Rié Mochizuki

La corde en paille de riz, nommée shimenawa marque la frontière de l'enceinte sacrée. Au temple, on achète des omikuji, petits billets pliés qui contiennent des prédictions. Les meilleurs contiennent des daikichi (très bonne chance), les pire des daikyo (très mauvaise chance). On attache ces billets à une branche pour favoriser la chance ou conjurer le mauvais sort.

成田山
Naritasan

2006-12-30

La machine infernale

Savoir Outaouais, Automne 2006, p. 24 Savoir Outaouais, Automne 2006, p. 24

Avis : Les textes publiés dans cette section, intitulée Polémique, proposent des réflexions et non des opinions; des hypothèses et non des certitudes; un éclairage particulier et non une vue d'ensemble. Les arguments avancés méritent d'être critiqués et non d'être censurés. (Giordano Bruno)

Sommes-nous déjà entrés dans l'ère de la post-démocratie? Arrestations secrètes, prisons fantômes, zones de non-droit. Si la lutte au terrorisme peut justifier tant de mesures d'exception, c'est aussi grâce à la complicité tacite du peuple. Un résident d'Ottawa est kidnappé par la gendarmerie, déporté en Syrie, torturé pendant un an. Tant que des soupçons pesaient sur lui, on ne s'inquiétait guère de son sort. C'est seulement depuis que l'on s'accorde à reconnaître son innocence présumée que la presse et ses lecteurs se scandalisent des tourments du pauvre homme, me fait remarquer un des mes collègues. Par contre, lorsqu'ils concernent les vrais coupables, les arrestations arbitraires, les condamnations sans procès et les traitements inhumains sont désormais considérés avec un certain détachement.

Dans cette atmosphère de retour à la chasse aux sorcières, un des sports favoris des sociétés humaines, même les plus « avancées », quoi de plus normal que de voir l'Université du Québec en Outaouais mettre au point une invention extraordinaire, grâce à une généreuse subvention publique de 600 000 $ : la machine à traquer les pédophiles (Savoir, vol. 6, no 2, Automne 2006). Si les terroristes sont le plus souvent contenus hors de nos frontières, les pédophiles, eux, sont des ennemis de l'intérieur, anonymes, insaisissables. La menace suprême. Puisqu'ils peuvent ressembler à n'importe qui, n'importe qui peut être des leurs. On a déjà connu ce genre de tactique : des agitateurs chrétiens déguisés en honnêtes citoyens romains, des cathares travestis en catholiques, des écrivains communistes œuvrant à Hollywood, des Martiens totalitaristes infiltrés dans l'enveloppe d'un Terrien. Et maintenant, les prédateurs sexuels! Le monde attendait, en retenant son souffle, une parade contre ces nouveaux monstres dissimulés sous le masque de la normalité.

Arrive la machine miraculeuse construite dans les sous-sols de l'Université. Le cobaye, portant un casque de vision, est immergé dans un environnement virtuel : un salon où se promène une personne nue. Selon le professeur R., chef du projet, « un sujet normal […] va regarder bien moins souvent le sexe [d'un enfant nu] qu'un pédophile le ferait. » Il fallait certes détenir un doctorat pour faire une telle découverte. Grâce aux 600 000 $ de subvention, le casque en question est muni d'un capteur de fixations et de déplacement oculaires. L'ordinateur, ce dieu neutre et savant, pourra donc rendre un verdict. Dans une version ultérieure, on peut imaginer que le sujet qui aurait regardé trop de bites virtuelles impubères sera illico transféré, cybermanu militari, à la chambre d'émasculation. Le tyran syrien qui s'amuse à torturer nos concitoyens d'Ottawa pourra aller se rhabiller. Et les romans d'Orwell et de H.G. Wells commenceront à se démoder.

Mais ce n'est pas tout. Le professeur R. ajoute que, grâce à sa machine : « outre l'analyse du regard du sujet, le spécialiste dispose d'un pléthysmographe pénien », expression gréco-latine que l'on pourrait traduire en langue vulgaire par « bandomètre ». Pour faire bonne mesure, et pour ne négliger aucun coupable en puissance, les éminents savants ont aussi inventé le photopléthysmographe vaginal. Avouons que le mot, à lui seul, justifie la somme de 600 000 $ gracieusement accordée par les contribuables à l'auguste université.

Évidemment, des problèmes d'éthique peuvent se poser, aussi l'équipe de chercheurs a-t-elle trouvé la parade : « En utilisant une image 3D, on évite un problème d'éthique, celui de montrer des photos d'enfants qui ont déjà été victimes », ajoute l'article. Car, pour ces éminents spécialistes, il faudrait distinguer la photographie des enfants ordinaires de celle des enfants victimes. Ceux-ci représentent, aux yeux de certains psychologues, un appât de choix pour harponner les pédophiles. D'ailleurs, puisque les bourreaux actuels sont souvent d'anciennes victimes, les victimes actuelles ne seraient-elles pas de futurs bourreaux en puissance?

Nous montrerons, dans un article ultérieur, en quoi ce genre de sophisme repose sur une erreur méthodologique flagrante et très courante. Selon une logique barbare très répandue depuis que l'homme est « civilisé », la victime d'un crime sexuel fait face, en effet, à un dilemme : devenir prédateur à son tour ou rester déshonorée à jamais. Dans ce dernier cas, elle est morte socialement, elle ne peut que désirer le suicide, et, si elle s'y refuse, son frère ou son père pourraient même se charger de l'exécuter. Le violeur a le droit d'oublier, mais la victime, si elle n'est pas un monstre, se doit de rester marquée jusqu'à la mort. Telle est la loi des bien pensants de ce monde.

Heureusement, un petit test obligatoire au pléthysmographe et hop… la Cinquième Colonne sera dévoilée au grand jour et mise hors d'état de nuire. Encore une fois, le monde sera sauvé par les savants, leurs subventions étatiques et leur neutralité scientifique.

2006-12-28

Première neige

Première neige sur Gatineau Première neige sur Gatineau - Photo (non retouchée) de Renaud Bouret

Alors que le ciel du crépuscule se découvre, après la première bordée de neige de l'hiver, un cycliste redescend paisiblement vers ses pénates, tandis qu'un automobiliste bien au chaud vient à sa rencontre. La preuve est là, il suffit de regarder la photo d'un peu plus près.

2006-12-26

Trois hommes invitent une femme à dîner

Dessin de Renaud Bouret - 1974

À une époque où j'étais plus que célibataire, les amis avaient pris l'habitude de se réunir chez moi pour des soirées musicales. Malgré un ratio homme-femme plus que favorable — on comptait deux chanteuses pour un chanteur — le succès n'était pas toujours au rendez-vous, en ce qui me concerne. Aussi, proposai-je à mon collègue pianiste d'organiser de petits soupers « littéraires », cadre que je jugeais plus propice aux manœuvres de séduction. Nous devions composer une nouvelle à tour de rôle, que nous lirions, pendant le dessert, aux demoiselles que nous aurions invitées. Nous eûmes la chance, dès la première fois, de compter parmi nous une charmante jeune dame prénommée Danièle. C'est pour elle que j'écrivis cette petite histoire, et j'avais tapé dans le mille, car mon récit, admirablement déclamé par mon rival, fut fort apprécié par celle qui en était la principale protagoniste. Quant au salon littéraire, il se retrouva victime de son succès et fut dissout dès la réunion suivante. (1994)

Pluie fine. Soirée d'automne dans une grande ville de l'hémisphère nord. Sortie des écoles et des bureaux. Curzio somnole sur son siège. L'autobus rase les murs des jardins à vive allure, se riant des branches sauvages échappées de leur prison. Le bolide invincible fonce vers la banlieue.

De sa banquette surélevée, Curzio aperçoit ce qui est caché aux vulgaires piétons : la nudité des terrains vagues gorgés d'eau, l'intimité des salons perchés à mi-étage, les intérieurs déjà éclairés, les rideaux encore ouverts. Les sémaphores multicolores, qui scintillent sur la chaussée brillante, défilent devant la vitre. Des passants discutent en silence. Bien au chaud, Curzio est coupé du monde. Il court vers son destin.

Fraîcheur humide et calme. Curzio se tient debout, sur le bord de la route. Il attend le départ de l'exprès pour traverser l'ancien chemin du Roy, devenu un simple boulevard de sa vieille banlieue. Et bientôt, l'autobus a disparu derrière l'horizon. Une jolie femme marche sur le trottoir d'en face. Par bonheur, ils vont tous deux dans la même direction. Curzio s'en rapproche, petit à petit. Elle est de plus en plus belle.

Une rafale subite balaie la bruine. Un instant d'hésitation, et une averse éclate, sombre et drue. La jolie femme s'est mise à courir. Elle détale comme une proie soudain débusquée. Curzio est envahi par une excitation inconnue et vieille comme le monde. Il court en pensée derrière cette nouvelle compagne. Loin de sa banlieue et de son époque, il survole un sentier de chasse millénaire, sur un haut plateau battu par une pluie éternelle.

Il a suffi de quelques secondes, à peine, et la belle femme a disparu. Curzio, résigné, a enfin rejoint le seuil de la maisonnette qu'il partage avec son grand frère et son cousin. La porte d'entrée, qu'il s'apprêtait à pousser avec son pied trempé, s'ouvre d'elle-même. Curzio, intrigué, tombe alors nez à nez avec la jolie femme de la rue, qui lui sourit d'un air moqueur. Raoul, le grand frère, qui n'a rien perdu de la scène, fait les présentations depuis la cuisine.

— Ce soir nous avons une invitée de choix, crie-t-il à Curzio, que la jolie femme semble déjà connaître .

Un bruit lointain de bouteilles entrechoquées, suivi de quelques jurons bien choisis, témoigne de la présence du cousin Li dans la cave. Et dire que Curzio s'attendait à trouver la maison vide!

Raoul s'essuie les mains et s'approche de l'entrée.

— Emmène Danièle se faire sécher les cheveux, s'il te plaît.

Curzio acquiesce d'un simple regard. Il précède la jolie femme dans l'étroit escalier, il sent ses deux yeux qui l'observent, dans son dos. La chambre du jeune homme est la plus petite, mais c'est aussi la moins encombrée de la maison. C'est là que réside le séchoir du trio.

Assise sur le lit, Danièle projette le vent chaud sur ses cheveux, avec naturel et volupté. Ils se regardent. Danièle prend la main de Curzio et le fait asseoir à ses côtés. De temps en temps, elle tourne le séchoir vers lui tout en le coiffant avec ses doigts. Pendant quelques minutes, le destin les a réunis côte à côte, dans une même préoccupation. Ils ont partagé le même plaisir simple. Et chacun a humé le parfum de l'autre.

Le dîner est commencé, sous la direction du grand frère Raoul, l'élégant, le spécialiste des eaux de toilette de classe et des lunettes fumées. Raoul pousse l'amour de soi jusqu'à faire du sport. Comme le cousin Li, Raoul est un adepte des arts martiaux. C'est d'ailleurs ce qui leur a permis tous deux de rencontrer et d'inviter Danièle.

Raoul a préparé le repas. Le cousin Li fait le service. Danièle se sent bien, entourée de ces deux hommes qui la désirent. Ça se voit. Raoul profite des absences de son cousin pour attaquer. Mais Li, de la cuisine, s'arrange, par son remue-ménage, pour distraire l'adversaire et briser ses offensives. C'est une lutte courtoise, où les trouvailles d'esprit abondent. Spectacle d'autant plus intéressant pour Curzio que, à l'écart du combat, il peut admirer Danièle tout à son aise.

On mange, on arrose, on allume les chandelles. Les deux hommes évoquent leur première rencontre avec Danièle, devant le gymnase de l'Université. Le portail de la cour était entrouvert. Li, usant de son sens habituel de la stratégie, avait fait entrer la jeune femme, avec une galanterie non dissimulée, avant de laisser le battant se refermer bruyamment sur le nez de Raoul. Ce dernier, remettant sa colère à plus tard, s'était mis à faire le tour du mur d'enceinte au pas de course et avait rejoint les autres devant la porte d'entrée du bâtiment principal.

Cette porte était d'ailleurs fermée à clé. Tout fier de son premier succès, Li se mit à escalader vivement la façade, jusqu'à une fenêtre entrouverte du deuxième étage, par laquelle il comptait s'introduire. Pendant ce temps, Raoul, peu porté à faire étalage de sa force brute, avait réussi calmement à crocheter la serrure sous le regard admiratif de Danièle. Match nul.

Le repas est terminé. Dehors, la nuit est noire. La rumeur des véhicules se fait plus lointaine. On fume, on verse le cognac. La conversation devient plus intime. Maintenant, on parle de l'amour (en théorie) et du plaisir (en réalité). Curzio est enchanté. Il écoute. Il regarde. Il découvre un sentiment nouveau. Il désire Danièle, qu'il sent déjà proche de lui. Son enthousiasme envers les autres convives l'aveugle d'abord, mais peu à peu, il voit clair dans leur jeu.

Raoul tient le rôle de l'homme raffiné, qui ne se prend pas au sérieux et qui cache ses qualités. Li est plus intelligent et moins épanoui qu'il veut bien le laisser croire. Tous les deux rêvent de se retrouver bientôt dans les bras de Danièle, sur son corps nu, au creux d'un lit.

Et que pense Danièle? Se contentera-t-elle de l'ivresse d'être désirée par les deux hommes qui l'entourent? Se résignera-t-elle à sacrifier l'un pour avoir l'autre? En ce moment, s'imagine-t-elle dévêtue dans la cave, alors que Li la prend avec un mélange de rudesse et douceur. Est-elle plutôt en train de se soumettre en songe à Raoul dans la cuisine et de lui donner un plaisir dont il ne soupçonnait même pas l'existence?

Il est bien tard déjà. Dehors, sous la pluie, quelques problèmes de mécanique mobilisent les esprits. Raoul et Li tentent de faire démarrer leur vieille auto à la lueur d'une torche. Danièle, qui retenait le capot, a reçu le contenu de la gouttière sur la tête. Elle est trempée jusqu'aux os. Apparemment, ils ont tous trois renoncé à leurs beaux rêves, du moins pour ce jour-là. Que s'est-il passé?

On fait venir Curzio. Il est chargé de procurer du linge sec à Danièle, pendant que les deux cousins finissent de réparer le moteur. Curzio et Danièle se retrouvent à nouveau seuls dans la chambre du haut. Elle, semble un peu découragée. Lui, a l'air très alerte. Après avoir choisi et fait approuver des vêtements de rechange, Curzio referme son armoire et commence tout naturellement à aider Danièle à se déshabiller.

Elle se laisse faire distraitement. Chandail et chemise sont ôtés. Un moment d'hésitation. Curzio lui enlève son soutien-gorge. Le silence se fait plus pesant. Les coeurs battent plus fort. Le cap est franchi. Curzio essuie les épaules et la poitrine avec une grande serviette blanche. Elle est bientôt nue, debout, devant lui. Les yeux de Curzio remontent le long du corps de la jeune femme. Leurs regards se soudent. Les corps se rapprochent.

Pluie fine. Soirée d'automne dans une grande ville de l'hémisphère nord. L'autobus a disparu derrière l'horizon. Une jolie femme marche sur le trottoir d'en face.

2006-12-24

Le haricot vert

Haricot vert Dessin de Renaud Bouret - 2006

Selon la tradition, le haricot vert a été introduit au Japon par le bonze chinois Ingen au XVIIe siècle. D'où le nom actuel de ingenmame, littéralement « légumineuse de Ingen ». Une innovation importante pour des bouddhistes pieux et végétariens.

Les Chinois nomment le haricot vert càidòu, mot-à-mot « verdure-légumineuse ». Le second caractère du mot chinois se retrouve dans le mot dòufu (tōfu en japonais), qui signifie « pois fermenté ». En japonais, ce caractère est prononcé soit tō (à la chinoise), soit mamé (à la japonaise).

2006-12-23

Hector Placide Giat marie sa fille

Acte de mariage de Pauline Giat Acte de mariage de Pauline Giat

Le vingt Janvier mil neuf cent vingt onze heures du matin, devant Nous Roger Ernest Adolphe, Maire de Sourdun, ont comparu publiquement en la maison commune: Fermé Auguste Marcel, Ingénieur, né à Mustapha (Alger) le sept décembre mil huit cent soixante dix neuf, demeurant à Paris, rue des Bons enfants numéro cinq, fils majeur de Fermé Marie Léopold Albert, décédé, et de Isaac Rosine, sa veuve, demeurant à Tunis, Tunisie, sans profession, [renvoi en marge: divorcé de Haffner Renée Jeanne] d'une part;
Et Giat Pauline, Institutrice, née à Saïgon, Cochinchine, le premier Juillet mil huit cent quatre vingt huit, demeurant à Sourdun, fille majeure de Giat Hector Placide, professeur retraité, et de Meslier Renée Amélie, son épouse, sans profession, domiciliés à Sourdun, d'autre part. Les futurs époux déclarent qu'un contrat de mariage a été reçu aujourd'hui vingt Janvier mil neuf cent vingt par Me Venet notaire à Provins. Aucune opposition n'ayant été faite, les contractants ont déclaré l'un après l'autre vouloir se prendre pour époux et nous avons prononcé au nom de la loi que Fermé Auguste Marcel et Giat Pauline sont unis par le mariage. Dont acte en présence de : Giat Hector Placide, soixante et un ans, professeur retraité, demeurant à Sourdun, père de l'épouse, Huet Paul, cinquante trois ans, Instituteur demeurant à Sourdun. Lecture faite, les époux et les témoins ont signé avec Nous.

[Suivent les signatures]

Arbre généalogique