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2012-04-15

La mer intérieure

Une petite île de la mer intérieure japonaise.
Population : 450 habitants (en baisse).
Population scolaire (école primaire) : 6 élèves

瀬戸内海の港 Seto naikai no minato
Un petit port de la mer Intérieure japonaise
Dessin de Renaud Bouret

Midi, sur la place centrale de l'unique village de l'île. Le directeur de l'école s'apprête à monter à bord du traversier, pour participer à un congrès. Le pilote du traversier est un ancien pêcheur, qui vient de réaliser, il y a peu, son rêve de jeunesse : visiter les îles Saint-Pierre et Miquelon.

Les élèves du secondaire (2 collégiens et 1 lycéen) doivent se rendre sur le continent, à une quinzaine de kilomètres. Une navette scolaire vient les chercher tous les matins, et les ramène tous les soirs. Il est question de supprimer cette navette l'an prochain.

島民二人 Tōmin futari
Deux insulaires
Dessin de Renaud Bouret

2012-03-06

Robot japonais, robot québécois

Au Japon, et dans les pays voisins, les camions émettent un message d’avertissement lorsqu’ils reculent. Un message composé de phrases véritables, dans l’idiome local. D’ailleurs, au Japon, la plupart des machines parlent, dans une langue élégante et soutenue.

Les ascenseurs, les entrées de stationnement et les baignoires susurrent, d’une douce voix féminine :
« Le bain de Votre Seigneurie est prêt, à la température de 41 degrés. »
Pour les trains ou les camions, cependant, la voix masculine est de rigueur :
« Le train à destination de Nishinomiya, Ashiya, Osaka va bientôt entrer en gare, veuillez vous tenir en deçà de la ligne jaune. »
« Attention! Ce véhicule est en train de reculer! »
On ne saurait être trop autoritaire quand quelqu’un risque de se faire écraser.

Le train entre en gare, réglez vos montres!
(Photo : Renaud Bouret)

 

Lorsqu’il visite un pays occidental, le Japonais découvre avec stupeur que nos camions ne sont pas encore parvenus au stade du langage articulé. Nos poids lourds se contentent de balbutier des « Tut-tuut, Tut-Tuut » ou des « Pi-Pou, Pi-Pou ».

L’explication classique de ces différences est la suivante : en Occident, encore imbibé de tradition chrétienne, seul Dieu a le droit de créer un être humain à son image. La machine doit rester une machine, surtout si elle ressemble à une machine. Il y a bien des robots qui parlent, dans les films ou dans les musées, mais encore faut-il que leurs voix sonnent comme des casseroles. En Extrême-Orient, où les dieux sont multiples et peu autoritaires, le tabou de la machine qui parle n’existe pas.

Téméraire jeunesse, qui empiète sur la ligne jaune.
(Photo : Renaud Bouret)

 

Quelle n’est donc pas ma surprise, en appelant le Collège de Limoilou, de constater que le robot téléphonique s’exprime à la première personne : « Veuillez patienter pendant que je transfère votre appel. » Cette fois, Dieu est bien mort. Ou bien, nous sommes en train de nous japoniser… À moins qu’il ne s’agisse d’une énième étape de l’infantilisation de la société : le « je » ne devient-il pas haïssable lorsqu'on a passé l'âge de raison?

Un jour que je servais d’interprète à une spécialiste chinoise du papier découpé, dans une école primaire de l’Outaouais, je fus surpris d’entendre l’institutrice déclarer à la cantonade : « Je m’assois. Je pose mes mains sur mon pupitre. Je respecte les autres. »

Si tu veux t’asseoir, assieds-toi, pensai-je. Pourquoi l’annoncer à tes élèves? A-t-on besoin de se livrer à ces humiliantes professions de foi lorsqu’on est maîtresse à bord après Dieu? Bizarre, étrange, sensation de déjà vu… Institutrice en chair et en os, ou robot de Limoilou sous la peau d'un androïde?

Soudain, je compris. Ce n’est pas à elle-même que la maîtresse s’adressait, mais à ses élèves. C’est l’élève qui s’assoit et non la maîtresse. Le « je » a valeur de « tu ». La première personne de l’indicatif a remplacé, au sein de notre système scolaire, la deuxième personne de l’impératif. Ainsi, une phrase entendue dans la cour d’école, telle que « Farmez vos yeules! », se traduira, en novlangue, par « Je me tais ».

Autrefois, le premier jour d’école marquait l’entrée dans le monde, loin des jupes de sa mère. Désormais, on restera un enfant jusqu’à ce que la vie en décide autrement.

2009-08-06

Vers le nord

Kita e


Na monai minato ni momo no hana wa sakedo
Tabi no machi ni wa yasuragi wa naisa
Omae to wakareta munashisa daite
Ore wa asu mo mata kita e nagareru.

Dans un port inconnu, les pêchers ont fleuri
Mais dans le quartier des voyageurs, un esprit ne trouve pas la paix.
Depuis que je t’ai quittée, mes bras ne serrent plus que le vide.
Et demain, je reprends mon errance vers le nord.

Le souvenir de ta gentillesse flotte à la surface de mon verre.
Les sirènes de bateau résonnent au loin. Où sont ces nuits passées ensemble?
Ma froideur, le sais-tu, cachait un grand amour pour toi.
Et ton doux sourire palpite toujours dans mon cœur.

L’homme a tourné son regard vers le ciel nocturne.
En allumant une cigarette, il songe à son pays.
Il enterre ses blessures sur cette plage hivernale.
Adieu mon rêve, je reprends mon errance vers le nord.

*3/4
|G  |G  |G  |G  |C  |C  |D7 |D7 |
|G  |G  |G  |G  |Am |D7 |G  |G  |
|D7 |D7 |G  |G  |Am |D7 |D7 |D7 |
|G  |G  |Em |Em |C  |D7 |G  |G  |

Paroles de Ishizaka Masao, musique de Kanō Gendai (vers 1980)
Interprétation de Kobayashi Akira
Traduction et transcription des accords : Renaud Bouret

2008-03-22

Un bonze célèbre

Pour faire suite à notre récent article sur l'origine du mot bonze, nous présentons un portrait du moine Jianzhen, encore honoré de nos jours dans le Temple de la grande clarté (Dàmíngsì) de Yangzhou.

Timbre chinois de 1980 (après la fin de la Révolution culturelle) représentant le bonze Jianzhen de Yangzhou

Le bonze Jianzhen (688-763), a évangélisé le Japon au VIIIe siècle. Selon la tradition, il dut s'y reprendre à six fois avant de pouvoir aborder l'archipel, en 753. Au Japon, où on l'appelle Ganjin, son enseignement est encore vivant à travers l'école Risshu.

La légende verticale du timbre indique : 鉴真大师像回国巡展
(Retour en Chine
de l'exposition itinérante de la statue du grand maître Jianzhen)

Mots et caractères chinois de la légende

1. 鉴真 Jiànzhēn moine bouddhiste (688-763)
2. grand
3. shī maître
4. xiàng portrait, image, statue, ressembler
5. huí revenir
6. guó pays
7. xún patrouiller, tour, tournée
8. zhǎn déployer, développer, exposition

2008-03-19

La relativité selon les haïku

Le Kôkinshu est un recueil de poésie japonaise publié au début du Xe siècle. Le poème Aki no yomo (Les nuits d'automne) souligne la relativité du temps qui passe. Il est l'œuvre de la poétesse Ono no Komachi, officiellement une des trois plus belles femmes du monde, avec Cléopâtre et Yang Guizi. Cette dernière, concubine de l'empereur de Chine Xuanzong (8e siècle), a d'ailleurs été immortalisée par un autre poète célèbre, Bai Juyi, vers l'an 800. C'était à l'époque où les grands de ce monde préféraient se lier d'amitié avec des artistes plutôt qu'avec des hommes d'affaires.

Einstein aurait dit, pour illustrer la théorie de la relativité : « Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. » Il semble, après tout, que les poètes japonais avaient un millénaire d'avance sur lui en la matière.

小野小町 .
Ono no Komachi . Les nuits d'automne

秋の夜も
名のみなりけり
逢ふといへば
ことぞともなく
明けぬるものを

Aki no yomo
Na nomi nari keri
Afu to ieba
Kotozo tomo naku
Ake nuru mono o

Les nuits d'automne
Ont la réputation d'être longues
Mais quand on les passe avec une personne aimée
Avant qu'on s'en doute
L'aurore est déjà là.

(Traduction de Gaston Renondeau)

シュウ . あき, とき  automne
ヤ . よ, よる  nuit
メイ, ミョウ . な  nom, appellation, célébrité
ロ,リョ . いおり  rencontrer
メイ, ミョウ, ミン . あか-り-るい-るむ-らむ, あき-らか, あ-ける-く-くる-かす  clair, lumineux, évident

Ce caractère représente une gerbe de graminées (partie gauche) et un feu (partie droite). L'automne est la saison où les céréales prennent la couleur du feu.

2007-05-27

Yappari: Chauffé par les fesses

Au Japon, Bai Lide se nomme Renachan. Son comportement semble si étrange qu'on en a fait un personnage de bande dessinée.
(Texte et dessin de Rié Mochizuki)

 

1.
にほん の きおん は マイナス には ならない。

Au Japon, la température ne descend jamais sous zéro.


なのに いえ の なか は さむい。

Mais il fait froid dans les maisons.

ぶるぶる Gla-gla-gla.

2.
しかし すわる と あたたかいのだ!

Il faut dire qu'on est bien chauffé quand on s'assoit par terre!

3.
べんざ さえも あたたかい。

Même le siège de toilette est chauffé.

4.
そして なんと でんしゃ の ざせきも!

Quoi? Les banquettes de train sont chauffées elles aussi!


にほんじん は まず おしり を あたためる。

Les Japonais sont un peuple qui se réchauffe par les fesses.

Vocabulaire

1. コウ . しり fesses, derrière
2. にほん Japon
3. きおん température
4. カ, ケ . いえ, や maison, foyer
5. チュウ . なか, うちあた-る intérieur, dans, milieu
6. カン . さむ-い hiver, froid
7. ザ . すわ-る s'asseoir
8. ダン, ノン . あたた-か-かい-まる-める chaud, tiède
9. べんざ siège de toilette
10. でんしゃ train
11. ざせき siège, place assise, banc
12. にほんじん Japonais

(Si vous ne connaissez rien au japonais, affichez le tableau des alphabets katakana et hiragana pour déchiffrer la prononciation.)

2007-02-07

La langue française ne sait pas compter

Lors d'un discours d'inauguration d'une université, Shintaro Ishihara [gouverneur de Tokyo] a affirmé : « Il n'est pas étonnant que le français n'ait pas réussi à s'imposer comme langue internationale, puisqu'il s'agit d'une langue qui ne peut pas compter les nombres. » Des professeurs et des chercheurs de Tokyo ont entamé des poursuites pour réclamer des excuses. (...) Le gouverneur faisait référence au système numéral parfois tortueux du français. Le nombre 70, par exemple, se dit 60 plus 10, et le nombre 80, quatre 20. Les plaignants ne manqueront pas de rappeler à M. Ishihara les complexités de la numération dans sa propre langue : la traduction japonaise de 1 million équivaut à 100 dix-mille.
Justin McCurry, The Guardian, 15 juillet 2005

En fait, l'argument du journaliste du Guardian est aussi peu valable que celui du gouverneur de Tokyo.

Le système français, d'origine romaine (base 10) s'est superposé à un système gaulois (base 20). D'où les étranges soixante-dix, quatre-vingts et quatre-vingt-dix, à côté de septante (Belgique et Suisse), huitante (Suisse seulement) et nonante (Belgique et Suisse). Le mot anglais score est peut-être un rescapé de la tradition celte.

Naïvement, beaucoup de gens sont persuadés que la base 10 est naturelle (puisque 10, 100, 1000, etc. sont des chiffres ronds!).

Il existe souvent deux traditions dans la façon de compter : l'une est réservée aux petits nombres (jusqu'à 1000, par exemple) reliés à l'expérience pratique de la vie quotidienne; l'autre concerne les grands nombres à usage technique et savant. Ainsi, comme dans la plupart des langues indo-européennes nous utilisons des multiples de 10 pour exprimer les nombres jusqu'à 1000 (dix, cent, mille). Puis nous avançons, ainsi que les Italiens et les Britanniques, par multiples de mille (mille, million, milliard, billion, billiard, trillion, trilliard, etc.).

Soulignons, en passant, que les Américains utilisent un système particulier pour les grands nombres. Si un milliard se dit bien one milliard en Angleterre, il devient one billion aux États-Unis. Du coup, le mot anglais billion peut aussi bien contenir 9 zéros que 12. Il est d'autant plus difficile de s'y retrouver que la méthode américaine a fait des adeptes en Grande-Bretagne, jusque dans l'administration publique.

Les Japonais, à l'instar des Chinois dont ils ont adopté l'essentiel du système numérique, comptent par multiples de 10 jusqu'à 10000 (10=jyū, 100=hyaku, 1000=sen, 10000=man, puis par multiples de 10000 au delà (man=10000, oku=1 0000 0000). Compter les grands nombres par multiples de 10000 n'est évidemment bizarre que si on les traduits dans une langue étrangère! Et ce sont nos millions et nos milliards qui, une fois traduits en japonais, deviennent parfaitement ésotériques.

Curieusement, le japonais ressemble au français dans l'élaboration de son système numérique. Au Japon, c'est le système chinois qui a remplacé le système japonais ancien, de la même façon que le système latin a remplacé le système gaulois. Dans les deux cas, le système sous-jacent a laissé quelques traces encore bien vivantes. Ainsi, plusieurs nombres japonais élémentaires (parmi ceux de 1 à 10) possèdent deux lectures, pas toujours interchangeables. Comme les adeptes des arts martiaux le savent bien, on compte à la chinoise : ichi (1), ni (2), san (3), shi (4), go (5), roku (6), shichi (7), hachi (8), kyū (9), jyū (10). Mais voici deux variantes typiquement japonaises : yon (4), nana (7).

Comme on peut s'y attendre, 20 se dit ni-jyū, 30 se dit san-jyū, mais 70 (de même que 40) fait exception à cette règle : on ne dit pas shichi-jyū mais nana-jyū. Ainsi, comme les Français, les Japonais possèdent une façon assez curieuse de lire le nombre 70. Ça n'empêche pas ces deux nations d'envoyer des satellites dans l'espace.

2007-01-25

Les noms de lieu du Japon

Grâce aux caractères kanji, l'étymologie des noms de lieu du Japon est facilement déchiffrable. Kyōto (l'ancienne capitale), fut supplantée par Tōkyō (capitale de l'est) au début de l'ère moderne (1869). Hiroshima, située dans un delta, n'est autre que la vaste île. Le tableau ci-contre indique le nom de neuf grandes villes et des cinq principales îles (ou archipel) du Japon.

Les Chinois prononcent les noms de lieu japonais en se fiant aux caractères utilisés. Ainsi, Tōkyō se dit Dōngjīng, ce qui met en évidence sa parenté avec Běijīng (capitale du nord) et Nánjīng (capitale du sud). Demander à un Chinois s'il connaît Tōkyō ou Ōsaka ne peut que le rendre perplexe.

Au fait, quels sont ces petits machins que l'on retrouve sur les voyelles des mots japonais et chinois transcrits en alphabet latin? Dans le cas du japonais, ils signifient que la syllabe doit être allongée. En chinois, ils indiquent le ton.

Voir aussi le billet portant sur les noms de famille japonais.

2007-01-15

Enseignes françaises (2)

Photo: Rié Mochizuki

Il est difficile de flâner dans les villes japonaises sans tomber sur des inscriptions en français (voir le billet précédent sur ce sujet).

L'atelier Lien Briller est un salon de coiffure.

Photo: Rié Mochizuki

Ici, en rouge: pa-ni-e (パニエ) = Panier. C'est un magasin d'alimentation. Le nom est transcrit en katakana. (Voir un tableau des alphabets katakana et hiragana.)

Photo: Rié Mochizuki

Le Grand chariot se trouve dans l'arrondissement de Rokkomichi (六甲), comme l'indiquent les deux caractères kanji inscrits au bas de la pancarte. Selon la légende, cet ancien faubourg populaire de Kōbe, fut le théâtre d'une bataille au IVe siècle. L'impératrice Jingu y aurait alors enterré six casques de guerriers. En effet, Rokkomichi signifie littéralement six-casques. Le premier de ces deux caractères (roku: six) est bien connu des adeptes des arts martiaux, puisque ceux-ci sont fiers de savoir compter jusqu'à dix en japonais.

Cette étymologie du nom de Rokkomichi est probablement aussi fausse que celle du Cap-Chat. Voir aussi le précédent message sur les enseignes françaises au Japon.

2007-01-06

Enseignes françaises

Photo: Renaud Bouret Photos de Renaud Bouret et Rié Mochizuki - 2003-2007

Souvent, en déchiffrant les enseignes des rues de Kōbe, on se surprend à découvrir des mots familiers, parfois sous les traits de l'alphabet katakana. Eh oui, dans cette région, le français est synonyme de classe et de bon goût. On est loin des murs de Paris qui semble avoir honte d'être parisiens, avec leurs I Love les Bleus, leurs centers, leurs discount, leurs People et leurs collectors.

Photo: Rié Mochizuki

Là où Carrefour annonce, en Chine, sa French Bakery (il est vrai que le marketing est le plus vieux métier du monde), l'artisan japonais n'hésitera pas à afficher Boulangerie (voire Bourangerie).

Photo: Rié Mochizuki

Ici, le mot Gloire a été transcrit en alphabet syllabique katakana, sur la devanture d'une petite galerie d'art. Du premier coup d'œil, on reconnaît là un mot étranger. Lorsqu'on le prononce, gu-ro-ā-ru, ça ne peut être que du français. L'auriez-vous deviné?

Si vous voulez vous amuser à déchiffrer les pancartes, voici un tableau des alphabets katakana et hiragana.

2007-01-03

Piler le mochi

Photos prises le 30 décembre 2006

Ōsaka est une immense ville moderne, mais certains de ses quartiers ont conservé une ambiance de village. Dans certaines ruelles, on réunit encore les voisins, les collègues et les parents pour préparer le mochi en plein air, aux alentours du jour de l'an. Le mochi, qui sert à la confection de nombreux mets japonais, est une préparation à base de riz. Une fois cuit dans le four à bois, le riz glutineux est pétri dans un gros mortier.

Piler le mochi demande une certaine habileté et un cœur solide. Le bloc de riz cuit pèse plusieurs kilogrammes et le pilon a un bon mètre de long. L'essentiel du travail est fourni par les hommes, mais les enfants, garçons ou filles, sont conviés à participer. Les femmes s'occupent généralement de découper et de façonner la pâte obtenue. Pendant ce temps, on remet du riz à cuire, et l'opération peut se renouveler une douzaine de fois. Pour se réchauffer, au cours de cette journée d'hiver passée en plein air, certains ont recours au saké.

Le mochi peut être sucré ou parfumé aux… crevettes. Attention, il faut l'avaler avec prudence, c'est un véritable étouffe-chrétien.

2007-01-01

Prière du nouvel an au temple Jinja

Temple Jinja de Nishinomiya - Photo de Rié Mochizuki La foule va prier au temple Jinja de Nishinomiya pour la nouvelle année 2007.

Le premier janvier, de nombreux Japonais se rendent au temple Shintō pour prier. Ici, la foule se presse au temple de Nishinomiya, à Kōbe.

西宮神社
Nishinomiya Jinja
Littéralement : ouest-palais dieu-temple

Temple Jinja de Nishinomiya - Photo de Rié Mochizuki

La corde en paille de riz, nommée shimenawa marque la frontière de l'enceinte sacrée. Au temple, on achète des omikuji, petits billets pliés qui contiennent des prédictions. Les meilleurs contiennent des daikichi (très bonne chance), les pire des daikyo (très mauvaise chance). On attache ces billets à une branche pour favoriser la chance ou conjurer le mauvais sort.

成田山
Naritasan

2006-12-18

Les noms de famille japonais

Les noms de famille japonais

Quels sont les patronymes japonais les plus répandus? Les résultats varient selon les enquêtes, celles-ci étant basées sur des échantillons souvent trop grands mais pas assez aléatoires. Les deux patronymes les plus courants (Suzuki et et Satô) regroupent chacun 2 % de la population, et 11 % des Japonais portent un des dix premiers patronymes. Ces dix patronymes figurent dans le tableau ci-contre, auquel nous avons rajouté certains noms de famille relativement connus dans le monde politique, artistique ou commercial.

Les noms de famille japonais sont le plus souvent associés à un lieu-dit. On retrouve le même principe, à plus petite échelle, en français et dans d'autres langues : Dubois, Dupont, Dupuis, Montaigne, Lamontagne, Lapierre, Larivière, Deschamps, Campeau, Clairfont (source claire), Champrosay (champ de roseaux = Ashida); Montalto (haut mont = Takayama), Campobasso (champ bas = Shitada), Pozzo (puits), Fontana (source); Bach (=kawa), Baum (=ki), Berg (=yama), Holz (=hayashi, bayashi), Rohr (=ashi), Stein (=ishi).

Pour plus d'information, visitez ce site.

Pour les petits curieux, voici la liste des 50 noms de famille les plus fréquents au Québec, classés dans l'ordre (source: Institut statistique du Québec) :
Tremblay, Gagnon, Roy, Côté, Bouchard, Gauthier, Morin, Lavoie, Fortin, Gagné, Ouellet, Pelletier, Bélanger, Lévesque, Bergeron, Leblanc, Paquette, Girard, Simard, Boucher, Caron, Beaulieu, Cloutier, Dubé, Poirier, Fournier, Lapointe, Leclerc, Lefebvre, Poulin, Thibault, St-Pierre, Nadeau, Martin, Landry, Martel, Bédard, Grenier, Lessard, Bernier, Richard, Michaud, Hébert, Desjardins, Couture, Turcotte, Lachance, Parent, Blais, Gosselin
(17,8 % des Québécois portent un de ces 50 noms.)